De la coopération Sud-Sud et pragmatisme dans la récente politique africaine de l’Inde

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mhammed belarbi

Abstract

Dans un contexte où d'autres pays émergents dressent leurs desseins pour l'Afrique, il est intéressant de questionner les enjeux de la récente ruée de l’Inde vers le continent. Plus précisément, l’émergence de l’Inde l’a poussée à reconfigurer ses relations avec les pays africains en maniant à la fois l’esprit de la coopération Sud-Sud et une realpolitik assumée. Au-delà de ses partenaires classiques de l’Afrique de l’Est et du Sud, l’Inde a étendu ses intérêts commerciaux et sa coopération, pour inclure de nombreux pays africains, notamment, les pays de l’Afrique francophone. La question prééminente que se propose donc cette contribution, porte, entre autres, sur les véritables motivations politiques et géoéconomiques qui sous-tendent la récente politique africaine de l’Inde.

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How to Cite
[1]
mhammed belarbi, “De la coopération Sud-Sud et pragmatisme dans la récente politique africaine de l’Inde”, African Journal of Political Sciences, vol. 7, no. 2, Dec. 2018.
Section
political sciences

References

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[7] A titre illustratif, on peut citer ceux de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement (CNUCED), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de la Commission économique pour l’Afrique(CEA), de la Banque mondiale, Le Fond monétaire international (FMI).
[8] À travers les programmes de l’Indian Technical and EconomicCo-operation ou dans le cadre des activités de l’Indian Council for Cultural Relations, les politiques visant un transfert de savoirs et de technologies, ou encore la formation des cadres des pays partenaires, constituaient déjà des principaux leviers d’une perception favorable de la présence indienne sur le continent africain
[9] Les données exploitées proviennent principalement des études publiées de la CNUCED, de l’OCDE), de la CEA, de la Banque mondiale ainsi que d’autres études traitant des relations économiques entre l’Inde et l’Afrique.
[10] Pendant les dix-sept années qu’il passa à la tête du gouvernement indien (de 1947 à 1964), le Premier ministre J. Nehru, détenant aussi le portefeuille des affaires étrangères, a inscrit sa diplomatie dans une forme d’humanisme- au nom d’une troisième voie d’inspiration gandhienne- qui prônait la solidarité des jeunes nations, l’émancipation des peuples colonisés et la non-violence, notamment à travers la dénucléarisation. (Cf. Sunil Khilnani, « Portrait politique de Nehru : l’idée libérale en Inde», Esprit, 2005, n° 312, p. 101-116).
[11]Zins, Max-Jean, «L'Inde et l'Afrique : le non-alignement au service des intérêts nationaux», Politique Africaine, n° 10, juin 1983, p. 39-53.
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[14] Naidu Sanusha, ‘’Upping the ante in Africa: India’s increasing footprint across the continent’’, in Mawdsley Emma et Gerard Mccann, India in Africa: Changing geographies of power. (Pambazuka Press, 2011).
[15] La diaspora indienne en Afrique est basée majoritairement en Afrique du Sud et à l’Ile de Maurice, et dans une moindre mesure dans quelques pays de l’Afrique de l’Est comme Madagascar, le Mozambique, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.
[16] Rapport ‘’Afrique-Inde: Faits et chiffres 2015’’, publié conjointement par la Commission économique pour l’Afrique et la Confédération des industries indiennes.
[17] La proximité de l'Afrique de l'Est avec l'océan Indien offre un avantage supplémentaire à l'accroissement des relations commerciales et d'investissement avec l'Inde.
[18] Le premier investissement d'une société indienne en Afrique a été réalisé en Ethiopie par Birla Group en 1959 pour créer Indo Ethiopian Textiles Share Company. Par la suite, plusieurs entreprises indiennes ont investi dans des pays africains tels que le Nigeria, le Kenya et le Soudan. Mais l'ampleur de ces investissements était faible. À l'époque contemporaine, les investissements en Afrique de l'Inde ont augmenté et sont spatialisés dans différentes régions d'Afrique. Cf. Mohammad Amir Anwar, ‘’Indian foreign direct investments in Africa: a geographical perspective’’, Bulletin of Geography. Socio-economic Series, N°. 26, Toruń: Nicolaus Copernicus University, pp. 35–49.
[19]Mawdsley, E. and McCann, G., India in Africa: changing geographies of power, (Cape Town; Nairobi, Dakar and Oxford: Fahamu Books and Pambazuka, 2010).
[20]Malancha Chakrabarty, ‘’Indian Investments in Africa: Scale, Trends, and Policy Recommendations’’, (Observer Research Foundation, February 2018).
[21] Les entreprises indiennes essaient de profiter des facilités financières ‘’offshore’’ de l’Ile de Maurice et bénéficient de diverses incitations. La destination finale de la majorité des investissements réalisés à Maurice est souvent d'autres pays africains.
[22]MalanchaChakrabarty, Indian Investments in Africa, cite.
[23] La proximité de l'Afrique de l'Est avec l'océan Indien offre un avantage supplémentaire à l'accroissement des relations commerciales et d'investissement avec l'Inde.
[24] Cf. Indian investments in East Africa: recent trends and prospects. (Export-Import Bank of India, working paper n° 68, 2017).
[25] Idem.
[26] Enquête coordonnée sur les investissements directs, Fonds monétaire international, 2014.
[27]Forte de sa présence dans 11 pays africains, Tata Africa Holdings impliquée dans les technologies de l’information, les produits chimiques, la sidérurgie et l’ingénierie, l’industrie hôtelière, l’énergie et le secteur minier.
[28]D’autres entreprises indiennes sont présentes sur le continent africain comme Arcelor Mittal (sidérurgie et mines de fer), EssarSteel (sidérurgie), Coal India, Vedanta Resources (cuivre et autres métaux), Varun Industries (minéraux rares), JindalSteel and Power (sidérurgie et énergie), ou encore Apollo Tyres (fabrication et distribution de pneus, Arsha Consulting (équipements de sécurité).
[29]Tous les trois ans, depuis 2000, Pékin s’efforce de réunir le plus de chefs d’État d’Afrique afin de rendre manifeste aux yeux du monde entier la nature bienveillante de son ancrage africain.
[30]Taylor, Ian, ‘’India’s rise in Africa’’, International Affairs, Vol. 88, n°4, 2012, pp. 779-798.
[31] Gareth Price, ‘’For the Global Good: India’s developing international role’’, (Chatham House Report, May 2011).
[32] Gareth Price, ‘’For the Global Good: India’s developing international role’’, cite.
[33] The African Development Bank Group, ‘’India’s economic engagement with Africa’’, (Africa Economic Brief, n°6, 2011).
[34]Serge Michel et Michel Beuret, La Chinafrique, Paris, Grasset, 2008.
[35]Andrea Goldstein, Nicolas Pinaud et Helmut Reisen, L'essor de la Chine et de l'Inde: Quels enjeux pour l'Afrique ?, Publication de l'OCDE, 2006.
[36]Harry Broadman. La route de la soie en Afrique : nouvel horizon économique pour la Chine et l’Inde.(Banquemondiale, 2006).

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