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L’Algérie commence la nouvelle année 2017 dans un contexte d’incertitude. Les défis sont multiples et énormes ; Instabilité et insécurité régionales, groupes djihadistes flirtent avec criminels, contrebandiers et seigneurs de guerre à ses frontières. Baisse des prix du pétrole a eu des effets directs sur le quotidien des populations. Les premiers effets commencent à se manifester avec l’application de la loi de finance 2017. Pourtant tous les algériens sont conscients que des efforts et des sacrifices sont nécessaires pour sortir des sentiers battus. La baisse du prix du pétrole n’est pas un drame. Elle pourrait même être une aubaine. C’est dans les moments de crise que l’homme se surpasse. La crise est souvent porteuse d’opportunités.

 

L’expérience historique montre (et sera toujours là pour nous le rappeler) qu’une civilisation faible est soit exterminée soit asservie. La réponse est évidente de ce qui nous reste à faire. Ce que nous voulons dire c’est qu’un nouvel discours présidentiel cohérent avec ces transformations est nécessaire pour accompagner l’action du gouvernement. Un discours présidentiel cohérent ne remplace pas la politique. Les priorités liées à la lutte contre la corruption, la diversification de l’économie nationale, la pacification des rapports sociaux, la lutte contre la criminalité et le terrorisme, etc. nécessitent des actions concrètes et un volontarisme politique sans faille.    

 

Bref, quelle société voulons-nous construire ? Quel avenir offrons-nous à nos enfants ? La grandeur a un prix. La paix a un prix, la prospérité a un prix. Chaque chose a un prix. Sommes-nous prêts à le payer ? Sommes-nous capables de changer profondément en tant que peuple, institutions et individus ? Peut-on vraiment changer ? Le président de la République Abdelaziz Bouteflika est « convaincu que les capacités intellectuelles, scientifiques et cognitives et l'esprit de loyauté à la patrie, d'abnégation et d'innovation de nos scientifiques et de nos chercheurs permettront d'asseoir une véritable renaissance en Algérie et de réaliser son développement durable ». Dans son discours à l'occasion de Yaoum El-Ilm, du 15 avril 2014, il appelait les « algériens à contribuer à la cristallisation d'une vision d'avenir qui permette d'imprimer à notre pays une dynamique de renouveau et de progrès fondés sur la science ».

 

En effet, face à la fragmentation politique, l’instabilité au voisinage, difficultés économiques, le discours présidentiel peut assurer un service après vente. Cette brève contribution souligne l’importance du discours présidentiel dans ces périodes troublées. Un discours opérationnalisé, acceptées, régularisé et institutionnalisé expliquant les enjeux et le sens de l’effort, et indiquant la direction de la nation fait partie de l’art de gouverner. Il facilite la tache de l’équipe présidentielle et pourrait rationnaliser l’action de l’exécutif. Le discours présidentiel offre des éléments de langage, contribuant à la mise en place d’une stratégie de communication cohérente. Mais le discours, aussi romantique soit-il, n’est pas une panacée et a ses propres limites. Il ne faut que le discours devienne la politique elle-même. Le discours est l’un des outils qui aident à faire évoluer les pratiques politiques et ne substitue à la politique. Les citoyens attendent toujours en fin de compte des résultats. Le discours présidentiel n’est pas destiné uniquement à l’opposition et les populations, les partis politiques soutenant le programme du président sont aussi concernés.  

 

La science cognitive montre en effet que les être humains ne tolèrent pas le désordre. Le récit est seulement l'une des multiples façons par lesquelles les humains rétablissent l'ordre.Des dispositifs beaucoup moins cohérents et élaborés comprennent des scripts, des schémas, des cadres, des stéréotypes et d'autres heuristiques cognitives. Les changements dans les stratégies militaires, les idéologies et les pratiques politiques, le leadership politique et les moyens de l’art de gouverner ont toujours une dimension linguistique importante. La guerre contre le terrorisme est à la fois une série de pratiques institutionnelles et un ensemble de récits politiques l’accompagnant. Les transformations intérieures qu’a connues l’Algérie ces dernières années et le changement de son rôle d’Algérie sur le plan régional et international ont été accompagnés par un nouveau vocabulaire incluant de nouveaux concepts en harmonie avec les nouveau discours et nouvelles orientations comme l’Etat civil, exportateur de sécurité, etc., avec des implications importantes.

 

Définir la sécurité nationale est plus qu'un exercice académique. « Dire et écrire la sécurité » n’est d’aucune façon un acte neutre mais nécessairement politique. La terminologie est importante. Mais qui pourrait vraiment offrir une clarté directionnelle à part le président qui bénéficie de la légitimité démocratique. La vision du dirigeant est une base utile pour l'élaboration d'une stratégie nationale car elle articule une vue d’un avenir réaliste, crédible et attrayant pour la nation ; elle fournit un lien important entre la situation actuelle et la trajectoire future de la nation. Bien que les plans et les stratégies engagent les parties prenantes à un niveau plus analytique et rationnel, le leader (en contact avec les citoyens) est à un niveau émotionnel profond. Son utilité dépend de la qualité de sa vision, leadership, crédibilité et divers autres facteurs éventuels.

 

La vision de la présidence devrait servir à la fois comme une source d'inspiration et pour donner un sens à ce qui doit être fait -une idée directrice. Son grand avantage est d’élever la politique à un niveau supérieur. La nature hautement personnalisée du système présidentiel algérien rend les forces et les faiblesses de l’équipe présidentielle en exercice d’une plus haute importance. Parmi les conséquences qui découlent de la centralisation de la responsabilité politique dans le système présidentiel algérien, le président est la seule personne qui peut parler d'une voix claire au peuple algérien et établir une norme d'éthique et de moralité,  d’excellence et de grandeur. Les présidents ne doivent pas seulement être les véritables architectes de la politique nationale, mais ils doivent aborder le processus d'élaboration des politiques avec vigueur. Les présidents définissent la réalité de la politique étrangère et de sécurité nationale par des principes généraux. Pour beaucoup d'Algériens, le monde est un endroit étrange et mystérieux et le discours présidentiel crée un sens de l'ordre. Dans la société, « les électeurs cherchent quatre choses: le sens ou la direction, la confiance dans et du leader, un sentiment d'espoir et d'optimisme, et les résultats ». Ces éléments sont la base à l’« interdépendance leader-suiveur ».

 

Le leadership présidentiel crée des récits parce que les événements ne peuvent pas parler pour eux-mêmes. Au lieu de cela, ils « acquièrent de sens seulement lorsque les gens tissent entre eux dans des histoires cohérentes ». Mais comment et quand des récits particuliers de la sécurité nationale deviennent-ils dominants, et comment et quand ces récits dominants se sont-ils défaits? Trois facteurs clé sont au cœur de la montée et la chute des récits: « Les exigences rhétoriques de l'environnement, le pouvoir matériel, normatif et institutionnel que les locuteurs apportent, et les modes rhétoriques qu'ils adoptent ». Dans Le Président comme Leader, Edwin Hargrove a soutenu que la première tâche du leadership présidentiel est d’ « enseigner la réalité aux populations et leurs collègues politiciens par la rhétorique […] Enseigner la réalité implique les explications des problèmes et des enjeux contemporains, mais être à son meilleur, doit invoquer et interpréter les idéaux éternels de l'expérience nationale  […] exprimée dans le passé et le présent, et comme guides pour notre avenir ». Le discours présidentiel est important car il contribue à consacrer la primauté présidentielle comme une caractéristique centrale de la constitution de la sécurité nationale algérienne et prépondérante dans le système algérien. Il renforce la présidence dans l’architecture institutionnelle, préservant ainsi le système présidentiel. Important car « il est rare que de nouvelles idées se développent dans le monde moderne en dehors des réseaux institutionnels. Des idées au sein d'une institution deviennent incarnées dans sa déclaration d'intention, son autodéfinition et son programme de recherche ou de formation, qui, à son tour, tend à perpétuer et à étendre les idées ».

 

Après 11/9, par exemple, l'administration de George W. Bush a raconté une histoire au sujet des attaques, caractérisant les terroristes comme des malfaiteurs, identifiant les États-Unis comme une victime innocente, et intégrant les efforts américains dans « guerre mondiale contre le terrorisme ». De cette façon, l’administration a décidé que la lutte contre le terrorisme va conduire la politique de sécurité nationale dans la décennie qui a suivi. La narration est donc essentielle à la sécurité nationale. Grâce à la narration, les présidents peuvent convaincre un public de l'urgence d'une menace et la nécessité d'une politique particulière. Mais l'élaboration d'un récit convaincant ne vient pas facilement. Le succès ne dépend pas seulement de la compétence présidentielle. De bons orateurs ont rencontré la résistance à leur politique étrangère, tandis que d’autres moins qualifiés ont raconté des histoires qui a résonné profondément avec le public. Le succès du récit réside dans le croisement de la parole présidentielle et les structures discursives. L'élaboration d'une nouvelle histoire de la sécurité nationale est possible seulement lorsque les temps sont incertains, quand il y a peu de cohérence dans le discours dominant et « de multiples récits circulent légitimement dans la sphère publique ».

 

Le président et son équipe fournissent la « clarté directionnelle » -un leadership présidentiel clair à travers le discours fort- parce que leurs visions expriment la place de l’Algérie dans le monde, y compris ses responsabilités et ses ennemis, ainsi que les instruments à utiliser dans les affaires mondiales. Les présidents, pour le meilleur ou pour le pire, sont un défenseur d’une des intérêts nationaux et d’une mission politique étrangère en harmonie avec l’histoire nationale. A la différence des plans qui émergent des processus d'analyse, la visions transcendent les faits et les intérêts concurrents, en présentant une vue unifiée, synthétique et attrayante ou une « fin heureuse » de l'avenir. Les déclarations stratégiques sont larges et globales, et prennent des paroles émouvantes et des observations générales sur les défis du monde. Tendant à établir une feuille de route pour l'avenir, le discours présidentiel engage l'administration dans la promotion d'un plan d'action particulier et mobilise l'opinion publique afin de soutenir l'approche du président. La vision du leader agit comme la colle qui lie divers éléments du système national, établissant une base pour construire un consensus national sur les détails des stratégies délibérées. Ceci est particulièrement utile dans les moments de grands bouleversements, de crises majeures nécessitant des sacrifices douloureux, ou dans des situations impliquant d'importants conflits d'intérêts entre les sections d'une société.

 

En temps de crise, le public (parlement, les médias, la presse) se tourne vers le président (et son équipe) en tant que gestionnaire de crise, leader, solveur des problèmes et sauveur ; La responsabilité du président augmente. Mais il en va aussi de son pouvoir. Les moments critiques sont des ouvertures pour des projets narratifs. Dans ces conditions, les présidents sont en mesure d'introduire une nouvelle histoire de la sécurité nationale, qui est susceptible d’attirer le public pour soutenir la stratégie nationale préférée et jeter les bases de changements de grande portée dans la politique étrangère. Un récit de la sécurité nationale est une image qui donne un sens aux nouveaux défis. Toutefois, la formulation d’un récit de sécurité nationale durant une troublée et d’incertitude (comme celle que traverse l’Algérie)  et une période sédentaire ne répond pas aux mêmes critères. Durant les périodes troublées, la réussite d’un récit de sécurité nationale nécessite que les dirigeants se livrent à la narration, par opposition aux arguments analytiques. Le discours mobilisateur du président Bouteflika en 1999 est un bon exemple. Inversement, les arguments sur des faits seraient plus efficaces durant les périodes sédentaires. Le leadership présidentiel doit comprendre que les temps troublés exigent la narration; alors que les temps stables exigent des arguments.Les arguments et les histoires diffèrent dans leur but, leur structure, leur profondeur et leurs présomptions. Les arguments plaident en faveur de politiques particulières ; la narration vise à conférer un sens, expliquer une série d'événements et offrir une interprétation du monde.

 

Le discours traduit des déclarations générales ; Quoi faire et le pourquoi. Mais le comment est souvent négligé même dans les analyses quotidiennes. Pendant exemple du système de subvention actuel. Il faut être clair sur le fait que des efforts et des sacrifices sont inévitables. Personne ne peut dépenser éternellement plus qu’il en produit. Le programme actuel de subvention de masse est intenable. Il est injuste socialement, inefficace économiquement, intenable financièrement, dangereux sur le plan sécurité, handicapant sur le plan civilisationnel. Car seul le travail est fondement de toute civilisation qui dure. La question quoi faire ? Y mettre fin simplement. Comment ? Brutalement. C’est dangereux. Ce devrait se faire progressivement, sur une échéance de trois à cinq ans. Techniquement, c’est faisable grâce aux nouvelles technologies de communication. Peut-être la priorité numéro un pour commencer un vrai travail de rationalisation des dépenses et des affaires de l’Etat est de généraliser le réseau d’Internet au niveau national : mettre en place un système de communication moderne et sûr. Un réseau connectant toutes les administrations publiques permettant la centralisation de l’information et des données. Parallèlement, deux compagnes de recensement vigoureux des populations (une menée par les communes : l’autre par la willaya via daïras) pour éviter et déceler toute tentative de fraude. Le recoupement permet d’éliminer les fausses déclarations.

 

La centralisation des données permet de sélectionner les nécessiteux. Il s’agit de mettre en place un système de type que l’on trouve dans les pays développé (par exemple la Caisse d’allocations familiales en France). La mise en place d’une équipe d’experts en partenariat avec les partenaires sociaux permet de déterminer un salaire de base minimal. Les aides seront versées en fonction des revenus de chacun sur un compte bancaire et le système actuel de subvention peut être supprimé. Les lacunes seront traitées au fur et mesure. Pour les étudiants, la même chose pourrait être faite. Tout au long de cette période, un travail intense de pédagogie et d’information (via les médias, l’administration, les élus, etc.) doit être fait en direction des populations. D’autres détails ne peuvent pas être abordés dans cet article. Techniquement c’est faisable. Mais la question : existe-t-il un volontarisme politique assez fort pour accompagner ce processus ? Le discours présidentiel pourra jouer son rôle. Car la détermination, la fermeté et le volontarisme politique sont indispensable.

 

Techniquement, un vrai réseau national de communication moderne et sûr est indispensable. Cela nécessite un investissement, mais des économies d’échelle seront réalisées rapidement. Il y certainement plusieurs façon d’atteindre l’objectif recherche, mais il s’agit de détails techniques. Si la volonté politique y ait, le reste viendra à condition que les réformes ne se fassent pas brutalement. La politique est l’art du possible. Rien n’est faisable sans l’homme, rien n’est durable sans les institutions, mais les instituions sont souvent plus démocratiques que les hommes. Comme disait Ibn Khaldoun, l’homme est l’enfant de ses habitues. Soyons méthodiques, réalistes dans les objectifs à atteindre selon un calendrier progressif. Lorsque nos vouloirs dépassent nos pouvoirs, soyons progressifs, réalistes, pragmatiques. Soit avoir la philosophie de ses moyens soit créer les moyens de politique.

 

 

 

Tewfik HAMEL, Consultant et chercheur en histoire militaire & Etudes de défense

 

Voir aussi :

--Ronald R. Krebs, Narrative and the Making of US National Security, Cambridge University Press, 2015

--Nathan C. Funk & Abdul Aziz Said, « Islam and the West: Narratives of Conflict and Conflict Transformation », International Journal of Peace Studies, vol. 9, n°. 1, Spring/Summer 2004 

--Jef Huysman, « Dire et écrire la sécurité », Cultures et Conflits, n°. 31/32, automne/hiver 1998, pp. 177-202.

--Warren G. Bennis, « The leadership advantage »,   Leader to Leader, n°. 12, printemps 1999, pp. 18-23

--Edwin P. Hollander, « The Essential Interdependence of Leadership and Followership », Current Directions in Psychological Science, vol. 1, n°. 2, avril 1992, pp. 71-75.

--Jason A. Edwards, Navigating the Post–Cold War World, Lexington Books, New York, 2008

--Michael A. Genovese, « Presidential Leadership and Crisis Management », Presidential Studies Quarterly, Spring 1986

 

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