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L’Algérie est amenée à s’adapter aux menaces posées par le terrorisme et la guerre asymétrique

 - Dans un nouveau rapport d’Amnesty International, l’ONG fustige les principaux pays vendeurs d’armes et leurs clients. L’Algérie en fait partie. Nos besoins sont-ils en adéquation avec le degré de menaces ?

Il est certain que le mieux serait toujours d’adhérer au pire des scénarios et supposer qu’il est possible que l’Algérie puisse faire face à une menace existentielle dans l’avenir. Toute politique qui ne traite pas de la nécessité de moderniser l’armée est téméraire. Compte tenu des capacités techniques des Etats de faire la guerre et l’absence d’une autorité supérieure efficace, les Etats stratégiquement interdépendants font face à un «dilemme de sécurité» dans un environnement stratégique et en effet tragique.

 

Les décideurs de n’importe quels Etats rivaux croient que le seul moyen de parvenir à la sécurité c’est la supériorité (de préférence) écrasante ; la «sécurité par la supériorité» ou «la paix par la force». Mais la supériorité pour les uns est infériorité et insécurité pour les autres. Toutes les nations sont concernées par la sécurité nationale, donc d’établir des forces armées pour décourager ou se préparer à la guerre.

Une considération majeure dans l’établissement de ces forces est le recrutement, la formation et le maintien du personnel. Le problème de la modernisation au Maghreb est d’acquérir une force raisonnablement moderne adaptée à ses besoins, avec un effectif raisonnable en termes d’équipement. La robustesse de ces forces dépend de la menace perçue, des autres priorités nationales et la volonté de la nation de soutenir le maintien de ces forces.

En d’autres termes, de nombreux facteurs façonnent le rôle des militaires dans la vie politique d’un pays : le statut des forces armées par rapport à la population (sauveurs héroïques ou bandes de maraudeurs, par exemple), l’engagement de la société envers les valeurs démocratiques, le rôle des militaires dans le construction de la nation, les questions géopolitiques et, plus important, la vision à la fois des militaires et des politiques de la place appropriée du soldat dans la gouvernance nationale.

- Notre pays consacre le plus important budget sur le continent africain. Qu’en pensez-vous ?

Bien que l’on sache très peu de choses sur le budget militaire en Afrique, parmi les principaux développements dans le marché africain est le fait que les nations de l’Afrique du Nord, et plus particulièrement l’Algérie, ont supplanté l’Afrique de Sud comme le plus grand et plus actif marché lucratif d’armements sur le continent.

Au-delà de la question du Sahara occidental qui constitue une source tension, les pays de l’Afrique du Nord ont tous eu des objectifs différents, car de plus en plus ils abordent divers efforts visant à recapitaliser, moderniser et à remplacer leurs forces vieillissantes. Principalement, des équipements obsolètes, des rivalités internes, concurrence géostratégique et le spectre d’Al Qaîda ont stimulé les ventes d’armes dans la région et permis ainsi aux pays exportateurs de renforcer leurs alliances politiques dans la région. Les pays du Maghreb ont des défis communs, mais chacun fait face à un environnement propre bien qu’indissociable du contexte régional.

L’Algérie ne fait  pas exception d’ailleurs. Ceci se vérifie, surtout si l’on prend en compte la tendance mondiale. Ses dépenses militaires sont passées de 690 millions de dollars en 1988 (1,7% du PIB) à 5677 millions de dollars en 2009 (3% du PIB). Soit en termes de PIB ou valeur réelle, les dépenses militaires ont connu une croissance presque régulière, même aux pires moments où l’économie du pays était sur le point de s’effondrer.

En règle générale, les dépenses militaires sont motivées en partie par le besoin de sécurité, en partie par le lobbying des parties intéressées, et en partie par les ressources financières disponibles à la disposition du gouvernement. Ce qui signifie que le gouvernement équilibre la compétition entre les ressources en termes d’investissements pour la croissance économique future, les programmes socio-économiques et les dépenses militaires. Dans le cas algérien, la décennie noire a contraint le pays à faire de lourds sacrifices et consacrer plus d’efforts en matière de sécurité au détriment du reste.

Alors que la situation sécuritaire en Algérie s’améliore, la loi de finances de 2011 par exemple prévoit plus 569 milliards de dinars algériens à l’Education nationale, dépassant ainsi le budget alloué au ministère de la Défense nationale qui est doté de plus de 516 milliards contre 419 milliards pour l’Intérieur et les Collectivités locales.

 En Algérie, sommes-nous dans la défense d’un territoire ou plus dans l’instauration et la survie d’un régime ?

L’Algérie, à l’instar de ses voisins, est amenée à s’adapter nécessairement aux menaces créées par le terrorisme, la guerre asymétrique et la prolifération des armes. L’expansion de l’appareil de sécurité sera principalement le résultat de la poursuite de tensions politiques internes et externes, la dynamique bureaucratique, et la pression démographique ; une fois l’expansion des forces militaires a eu lieu dans un pays moins développé, il aura un effet de cliquet puissant qui n’a rien à voir avec les menaces locales ou les exigences militaires. L’Etat algérien est faible. Certains lient la fragilité à la capacité de l’Etat de s’adapter aux  changements des circonstances, protéger les citoyens, absorber les chocs et gérer les conflits sans recourir à la violence.

Dans les systèmes moins développés, la présence et les capacités des organismes locaux peuvent être sévèrement limitées, en particulier dans les zones reculées ou marginalisées. Les problèmes locaux ne sont pas engagés par les autorités locales et, souvent, ne sont ni surveillés ni déclarés, permettant ainsi de s’accumuler jusqu’à ce que leurs taille et portée deviennent ingérables. Lorsque l’Etat intervient directement, il pourrait, en dépit des intentions, réagir de façon excessive et exacerber les problèmes plutôt que de les désamorcer.

Comme ailleurs dans d’autres pays en développement, où les principales menaces de la sécurité découlent de menaces internes au régime ou à la stabilité de l’Etat lui-même, traditionnellement, la sécurité sur la rive sud de la Méditerranée était principalement basée sur la sécurité intérieure. Les gouvernements étaient et sont confrontés à des menaces continues envers leur légitimité et stabilité. La peur du régime (l’élite politique et économique) d’être assiégé par le peuple marque profondément sa façon de conceptualiser l’Etat. De cette fusion Etat/régime résulte un système autoritaire paranoïaque.

La dimension intérieure n’est pas absente de la modernisation en cours de l’armée algérienne. Les dépenses en matériels s’accompagnent de réflexions par exemple sur la pertinence du service national. De nouveaux hélicoptères et véhicules pour la Gendarmerie et la Protection civile sont prévus, le recrutement de 20 000 à 30 000 douaniers. Ils permettront notamment d’organiser 80 nouveaux postes de surveillance frontalière.

S’il s’agit clairement de combattre le narcoterrorisme, le recrutement de 20 000 policiers est plus ambigu. Certes, ils auront un rôle dans la lutte contre le terrorisme, mais cela pourrait aussi être considéré comme une dérive sécuritaire nourrie par la crainte des contestations sociales tunisiennes, libyennes, égyptiennes et syriennes  Ces pays fournissent des leçons et le gouvernement doit en tenir compte.

- Courir vers l’armement «traditionnel» alors que la guerre a changé de visage est-ce raisonnable ? Les soldats sont remplacés par des robots caméra, les avions par des drones... et l’Algérie continue à acheter des armes «traditionnelles». Alors que nous sommes en plein concept de guerre numérique.

Il ne faut pas sous-estimer les facteurs psychologiques dans la course aux armements. Pour un pays, jusqu’à récemment contraint de s’approvisionner en armes sur le marché noir, qui tente de tourner la page d’une décennie noire, la modernisation de ses forces va de soi. Cette guerre civile conjuguée à un embargo international restera certainement pendant longtemps dans la mémoire collective.

Particulièrement dans les pays en développement, le choix du niveau des dépenses militaires par un gouvernement pourrait être déterminé par la probabilité d’une insurrection. Dans ces pays, après leur indépendance, les forces armées furent conçues pour défendre l’Etat contre les menaces extérieures, l’intégrité territoriale et les intérêts nationaux. Cette orientation vers la sécurité extérieure pendant la guerre froide a souvent contribué à masquer une préoccupation plus profonde liée à la sécurité intérieure.

C’est d’autant plus vrai dans le contexte post-guerre froide tant la probabilité d’une guerre civile est, désormais, d’environ dix fois supérieure à celle d’une guerre internationale, et donc le risque de rébellion est potentiellement beaucoup plus important comme facteur influent sur les dépenses militaires que la crainte d’une guerre internationale. Pour les pays en développement, où la sécurité interne a été potentiellement importante, cette probabilité est pressante.

Pour certains spécialistes, les pays du Maghreb sont susceptibles de développer leurs forces de sécurité intérieure et de moderniser certaines de leurs armes lourdes, malgré la diminution des besoins militaires. Toutefois, il n’y a pas un équilibre militaire en Afrique du Nord dans le sens classique du terme. Bien qu’il existe des rivalités et des tensions, notamment entre l’Algérie et le Maroc, aucun Etat au Maghreb aujourd’hui ne se prépare activement pour faire la guerre à ses voisins, et les perspectives de conflits sont limitées.
 

 

 

Tewfik Hamel

Né en 1979 à M’kira (Taka, Draa El Mizan), Tewfik Hamel est chercheur en histoire militaire et études de défense à l’université Paul Valéry Montpellier 3 (Centre de recherche interdisciplinaire en sciences humaines et sociales) et est membre du comité de lecture de la revue Géostratégiques (Académie géopolitique de Paris) et de Ricode (Réseau de recherche interdisciplinaire colonisations et décolonisations). Chargé de recherche à la Fondation pour l’innovation politique 2008-2009, ses travaux sont axés sur la géopolitique, la stratégie américaine, la mondialisation, les pays en développement.

 

 El-Watan Week-End, 30/01/2015

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