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L’impact de la qualité institutionnelle sur l’attractivité

 des investissements directs étrangers en Afrique

 Résumé

L’objectif de ce document est de mettre l’accent sur l’attractivité des pays africains des investissements directs étrangers qui peuvent être liée à des variables macroéconomiques traditionnellement analysées et confirmées, mais aussi à d’autres variables récentes relative au climat politique lié au développement de l’économie institutionnelle. L’analyse de cette attractivité et ses caractéristiques montrent la faible influence de ces déterminants institutionnels sur les entrées d’IDE, cette influence négative qu’est en contradiction avec des études  récentes et l’apport théorique dont l’impact est positif. Il semble que le climat des affaires non propice encourage cette attractivité. Les résultats confirment l’impact positif tu taux de change, le degré d’ouverture et la taille de marché sur les entrées d’IDE. Notamment, la qualité institutionnelle, à travers la stabilité politique, la voix et responsabilité, et la qualité du régulateur ont un impact négatif sur l’amélioration de l’attractivité des pays africains en matière d’IDE. Tandis que d’autres variables institutionnelles ne sont pas significatives, telles que l’efficacité du gouvernement, le contrôle de la corruption et le rôle de la loi.

Du point de vue de l’investisseur étranger, la plupart des pays africains présentent des obstacles gigantesques à l’investissement, notamment : la corruption et les lourdeurs démocratiques, la faiblesse des systèmes judiciaires, l’insuffisance des infrastructures, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et les craintes d’instabilité politique. Pour réduire la corruption et la bureaucratie et améliorer l’image de ces pays, il faut mettre en place des centres spécialisées où les investisseurs pourraient se procurer toutes les licences et autre autorisations nécessaires, au lieu de devoir affronter une multitude des obstacles administratives qui prennent du temps et permettent aux responsables locaux d’exiger des pots-de-vin ou autres avantages personnels. En plus, l’instabilité politique et les différents conflits et violences qui se trouvent dans beaucoup des pays africains découragent les entrées d’IDE. Même les pays éloignés des zones de conflit ne sont pas épargnés de cette image négative. La stabilité politique et l’absence des violences est l’un des premiers déterminants si l’on veut faire de ces pays un pole d’investissement plus attrayant à long terme. De même, le cadre légal, réglementaire et juridique du pays est primordial dans l’implantation des entreprises ce qui semblent nécessaire de réformer : le droit des sociétés, le droit du travail, le droit de l’environnement, la réglementation de la commande publique et son accessibilité aux entreprises à capitaux étrangers et le fonctionnement du système judicaire.

1-Introduction :

 

Selon le rapport sur l’investissement dans le monde 2014, les flux d’investissements étrangers (IDE) dans le monde ont atteint 1450 milliards de dollars en 2013, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2012 et selon ses prévisions, les flux mondiaux d’IDE pourraient s’élever à  1600 milliards de dollars en 2014, 1700 milliards de dollars en 2015 et 1800 milliards de dollars en 2016. Toutefois, la fragilité de certains marchés émergents comme dans l’Afrique et les risques que font peser des politiques incertaines et des situations instables pourraient encore remettre en cause cette remontée attendue des investissements. Dans le continent africain, les entrées ont augmenté de 4%  en 2013 par rapport à 2012 pour atteindre 57 milliards de dollars ce qui crée une perspective d’émergence des secteurs de la consommation, notamment de l’alimentation, de l’informatique, du tourisme, de la finance et du commerce de bétail.

 

En outre, cette situation d’instabilité dans ces pays relève l’importance de l’étude des effets de la qualité des institutions sur leur attractivité en tenant compte des réformes déjà entreprises et des menaces actuelles. L’investissement direct étranger est de plus en plus qualifié comme le moteur principal de tout développement économique. Selon le FMI, les IDE sont : « les investissements qu’une entité résidente d’une économie effectue dans le but d’acquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente d’une autre économie «. Il prend la forme soit d’une acquisition totale ou partielle d’une entité existante, soit la création ou l’extension d’un centre de production quelque soit le domaine d’activité. Nombreuses sont les études dans la littérature économique qui associent souvent des aspects positifs aux IDE à savoir la croissance économique, le transfert technologique et des connaissances, le développement du capital humain et du commerce extérieure et la création d’emplois dans les pays d’accueil.

 

Cependant, avec la mondialisation et la concurrence accrue entre les pays, les firmes multinationales aspirent beaucoup plus à un climat d’investissement plus propice à leurs affaires. D’où l’émergence de nouveaux déterminants – non traditionnels- qui prennent en considération principalement la qualité des institutions de ces pays. Le terme «  institution «  est défini de différentes manières. Douglass North a fait de lui un concept très large désignant les règles formelles et informelles qui régissent les interactions humaines. Des définitions étroites (et plus facile à saisir) mettent l’accent sur des organismes, procédures ou réglementations spécifiques.

 

A un niveau intermédiaire, les institutions sont définies en référence à la protection des droits de propriété, à l’application équitable des lois et réglementations et à la corruption. Cette acceptation est moins large que celle de North, qui englobe toutes les normes régissant les interactions humaines. En général, les travaux récents sur les déterminants du développement économique utilisent cette définition intermédiaire comme dans le cas de ce travail en raison d’une part de leur simplicité et leur clarté, de leur capacité d’analyse empirique et statistique dans une autre part. De cette définition, une bonne institution signifie un système judicaire efficace impartial et transparent qui protège la propriété et les droits individuels avec des institutions publiques stables, crédibles et honnêtes, et des politiques gouvernementales propices à des marchés libres et ouverts. Ces conditions peuvent favoriser les entrées des IDE aux pays.

 

Sur ce point, de nombreuses études soulignent l’importance des institutions dans l’attractivité des IDE. Selon Bellos et Subasat (2012)[1], ce rapport n’est pas toujours positif. Cette étude qui concerne des pays en transition affirme que des bonnes institutions qualifiées par une bonne gouvernance sont corrélées négativement par rapport aux entrées des IDE qui sont encouragées par un climat non propice et une mauvaise gouvernance. Ce même raisonnement est défendu par Gazzurra ( 2008 ) qui confirme que ce résultat traduit les spécificités de la phase de transition du socialisme au capitalisme proportionnellement à l’effondrement des anciens institutions et la création de d’autres plus récentes en créant un gap institutionnel.

 

Mais en général, comme l’explique Dunning (2002), les facteurs institutionnels comme la bonne gouvernance et la liberté économique ont devenu des déterminants importants de cette attractivité. Ce climat motive les firmes multinationales qui n’essaye plus de focaliser ces investissements sur des marchés-ressources mais visent des marchés efficients. Par contre Biglaiser (2012)[2] dans son travail empirique signale que cette relation est positive à l’exception du facteur de la corruption qui n’est pas toujours vérifié. En effet, des mauvaises institutions réduisent la confiance des investisseurs dans l’économie à cause des distorsions et des incertitudes qu’elles créent, encourager par la fuite des capitaux en augmentant le coût des investissements, élever le coût des frais généraux des affaires courantes et faire disparaitre les perspectives d’investissement et de croissance de l’entreprise investie à cause des pratiques non transparentes et de l’inefficacité du système judiciaire.

 

De ce fait, cet article met l’accent sur une problématique d’actualité et importante, à travers  l’ouverture sur deux disciplines qui sont en interdépendance en raison des effets que peuvent avoir les institutions sur l’attractivité des investissements directs étrangers. En fait, cet article poursuit un objectif crucial. Il consiste à analyser la rationalité du choix d’une stratégie d’attractivité des investissements directs étrangers basée sur l’amélioration de la qualité des institutions dans les pays africains. Autrement dit, en dépit d’un possible décalage temporel des effets positifs de l’amélioration de la qualité des institutions, nous cherchons à savoir s’il est économiquement justifié d’entreprendre des réformes institutionnelles dans cette région. Pour ce faire, nous analysons les effets des institutions sur l’attractivité des IDE.

 

2-   IDE et le débat théorique

 

Il s’agit ici d’identifier les déterminants et les effets de l’implantation des firmes multinationales dans les pays hôtes. Ce mouvement des IDE est la conséquence directe de l’intervention de plusieurs acteurs, dont on peut citer les firmes multinationales qui représentent le principale responsable grâce aux mouvements de délocalisation et des stratégies d’implantation en dehors de leurs pays d’origine. Ce débat théorique se caractérise par des différences temporelles et stratégiques dont le résultat est l’apparition de ces firmes par vagues successives. La première vague est liée à une logique industrielle (économies d’échelles et avantages comparatifs), la deuxième est le fait de la recherche de positions dominantes dans une économie oligopolistique et des stratégies commerciales (les groupes japonaises), tandis que, la troisième vague qu’est actuellement dominante est la forte soumission à la logique financière dont les firmes sont obligées de procéder à des IDE, en se recentrant sur les activités les plus rentables tout en s’agrandissant. Dans cette troisième logique que se situe notre contexte d’analyse (les institutions) qui peut déterminer plusieurs stratégies d’implantation, selon Chen et Kut, ce choix dépend de la volonté des firmes à exploiter leurs avantages monopolistiques et leurs avances technologiques dont ils bénéficient un marché étranger. Le but est d’accroitre les économies d’échelles et d’augmenter le volume des ventes si le marché d’origine est saturé. Par ailleurs, Yangt explique la volonté d’implantation par le besoin de baisser les coûts de facteurs de production, afin d’améliorer la compétitivité des firmes par la baisse des prix sur les marchés et augmenter ainsi les ventes. Une fois les objectifs sont déterminés, la firme est apte de choisir sa forme d’implantation qui peut maximiser ses chances de réussite. Cet arbitrage se fait non seulement en fonction des objectifs commerciaux, mais aussi en fonction des moyens financiers, des techniques disponibles et des opportunités qu’offrent les pays d’accueil.

 

En outre, il existe deux types de stratégies pouvant guider les choix d’implantation d’une firme, on l’occurrence, la stratégie dite horizontale et celle appelée verticale. La première stratégie cherche à améliorer la compétitivité par les prix en ayant un avantage sur les coûts, ce qui leur procure un «  avantage compétitif » (exemple de l’implantation de Renault au Maroc) .Contrairement à la stratégie verticale, les stratégies de marché dites stratégies horizontales, s’intéressent particulièrement à la demande domestique. L’objectif est de rechercher un terrain ou un pays d’implantation en vue d’une production pour un marché local. Elles concernent particulièrement les flux d’investissement Nord-Nord qui se développement au sein de la triade (exemple de l’implantation du fabricant de jouets de construction Meccano en France).

 

Mouvement global, les stratégies de localisation sont diverses, chacune ayant pour but final une maximisation du profit, une recherche de compétitivité de plus en plus importante face à une concurrence de plus en plus accrue. Ce qui a conduit à une diversité des formes d’implantation dans une optique stratégique et spécifique pour atteindre les finalités (Greenfield investment, Brownfield investment, La joint-venture, Les licences, La sous-traitance). De toute évidence, ces multitudes stratégies et formes des IDE que le monde développe sur la base des évolutions de ces firmes et leurs visions supposent l’existence des apports théoriques qui incitent ces firmes multinationales à ces nouveaux comportements.

 

L’IDE dans la théorie de l’économie industrielle : L’économie industrielle part d’une analyse dynamique dans des situations réelles et non pas d’un modèle abstrait. La théorie éclectique et du cycle de vie d’un produit apportent un pouvoir explicatif aux mouvements d’IDE depuis le début des années 60. Cette approche de la théorie éclectique de Dunning, peut être perçue comme une analyse complémentaire ou substituable de la théorie de l’internalisation. Selon le même auteur, une entreprise s’engagera dans un investissement direct, si trois conditions sont satisfaites : l’avantage spécifique (ownership), l’avantage de localisation, et l’avantage à l’internalisation. Chaque type d’avantage se rattache en priorité à un niveau d’analyse : l’avantage spécifique à la structure des marchés (concurrence imparfaite, oligopolistique), de localisation à l’avantage comparatif du pays d’accueil et d’internalisation est lié au comportement organisationnel de la firme.

 

Quand à la théorie de cycle de vie, les différentes étapes (le lancement, la croissance, la maturité, le déclin) correspondent à des stratégies spécifiques des firmes pour approvisionner les marchés. Cette théorie intègre un certain nombre de facteurs permettant d’expliquer la délocalisation des activités industrielles des pays ayant une avance technologique, en premier lieu vers les pays développés, puis vers les pays en développement.  En effet, la production et l’exportation d’un bien s’intensifient lorsque le produit atteint sa phase de maturité. Ce cycle peut démarrer ailleurs qu’au pays d’origine de la firme, le temps entre les différentes phases du cycle se réduit, et la production par les filiales à l’étranger accroit par les entrées d’IDE.

 

On peut dire que l’explication des mouvements d’IDE par l’économie industrielle est liée à des choix stratégiques basés sur des critères diverses (avantages spécifiques, avantages de localisation, intensité capitalistique, niveau de développement..). La première explication est due au développement des modèles d’internalisation fondés sur l’existence des coûts de transaction. Ce coût de transaction est un coût lié à un échange sur le marché qui existe en raison d’imperfection sur les marchés (coûts de recherche d’information et coût de surveillance et d’exécution des contrats), ce qui incite la firme à comparer ces coûts de transaction parallèlement à une alternative d’internalisation à travers l’IDE.

 

L’économie industrielle porte une explication basée sur des critères microéconomiques dont l’entreprise est l’acteur principal dans le choix de pénétration, mais l’environnement macroéconomique d’un pays peut être à l’origine des IDE en donnant plus d’avantages aux firmes multinationales dans des situations d’échanges internationales, ce qui nous ramène à la découverte des apports théoriques dans le cadre du commerce international.

 

IDE dans la théorie de l’échange international : Il convient de distinguer la théorie traditionnelle du commerce international de la nouvelle théorie de l’échange international dont les fondements de base sont différents en raison du contexte historique et des hypothèses prises pour chaque réflexion théorique.

 

Les théories traditionnelles du commerce international, depuis Adam Smith, le fondateur des approches des relations économiques internationales depuis la publication de son ouvrage Recherche sur la nature et les causes de la Richesse des Nation. Adam Smith souligne que chaque pays a intérêt à se spécialiser où  il possède un avantage absolu en matière de productivité et à acquérir à l’étranger les produits où  il est en infériorité absolue. Cependant, lorsqu’un pays ne possède pas d’avantages absolus, la référence cette fois-ci est la théorie des avantages comparatifs de Ricardo. Ce dernier avance que l’échange est souhaitable même dans des situations où  il n’existe pas d’avantages absolus. Dans ce contexte, Heckscher (1919) admet que les techniques de production peuvent être transférées d’un pays à l’autre. Dès lors, si les coûts de production sont différents, c’est parce que les prix des facteurs de production y sont différents.

 

Selon ces théories, les pays se spécialisent dans des productions pour laquelle ils possèdent un avantage. En conséquence, si tous les pays exploitent leurs avantages comparatifs et que tous les pays sont comparativement meilleurs que d’autres dans une certaine production, le commerce international sera bénéfique pour tous. Un pays ayant des ressources abondantes ou productives ne développera pas seulement l’utilisation industrielle de ses propres ressources mais attirera également des entreprises étrangères. Cette théorie offre donc une analyse de l’IDE, mais elle ne rend pas compte de la diversité de facteurs qui affectent les décisions relatives à l’IDE dans la pratique.

 

A partir des années 1960, on assiste à une floraison de nouvelles analyses du commerce international. Elles font place à la fois à un cadre de concurrence imparfaite (différenciation des produits, rendements croissants), à une intervention de l’Etat plus ciblée ou à une théorie de la compétitivité des Etats. Dans le cadre du modèle HOS, Kojima(1985)[3] traite de la complémentarité ou de la substituabilité entre les investissements directs étrangers et les flux commerciaux. A long terme, il existe une interaction dynamique entre structures des avantages comparatifs et investissement direct. A court terme, une délocalisation peut être plus ou moins conforme à la structure des avantages comparatifs : toute délocalisation qui s’effectue dans un secteur ou le pays investisseur possède un avantage comparatif, implique un renforcement de la spécialisation internationale et un développement des échanges. Tout investissement qui n’est pas conforme à l’avantage comparatif est anti commercial de nature oligopolistique.

Le modèle avec entreprises hétérogènes de Helpman, Melitz et Yeaple (2004)[4] met en évidence que seules les entreprises les plus efficaces dans leur branche d’activité peuvent s’implanter à l’étranger. En effet, toutes les entreprises ne sont pas d’un même niveau d’efficacité dans une branche d’activité donnée : seules les plus efficaces exportent, et parmi celles-ci, seule une fraction d’entre elles, capable de supporter les coûts d’entrée pourra s’implanter à l’étranger. M. Mrazova et J.P. Neary (2010)[5] complètent ce modèle en mettant en évidence le rôle des plates-formes à l’exportation : en effet, parmi les entreprises à même de se développer à l’international, seules les entreprises les plus performantes seront à même de créer des filiales dans tous les pays, tandis que celles qui le sont moins se limiteront aux exportations pour pénétrer les marchés étrangers. Les entreprises intermédiaires auront quant à elles intérêt à établir une filiale dans un seul pays et pourront lui confier le rôle de plate-forme à l’exportation.

On peut dire que la théorie traditionnelle de l’échange international s’intéresse aux effets  du commerce international sur les nations, en retenant comme hypothèse de base que la concurrence est pure et parfaite. Dans ce cadre, le libre-échange entraine un gain pour les nations, ce qui incite au démantèlement des barrières protectionnistes. Cependant, les situations de concurrence pure et parfaite sont rares. A l’opposé, la nouvelle théorie se situera dans ce cadre de concurrence imparfaite. L’apparition de ce courant remonte à la fin des années 70, mais il s’est développé dans les années 80. Une nouvelle réflexion qui prendre en compte la concurrence oligopolistique qui se traduit par l’apparition de rendements d’échelle croissants dans la production de biens identiques et la concurrence qui se caractérise par la différenciation des produits.

IDE dans la théorie financière : La relation entre les IDE et les marchés des capitaux est analysée à travers deux points, la théorie d’arbitrage financier et la théorie de diversification des risques.

 

L’arbitrage sur les marchés de capitaux est le processus par lequel les actifs financiers sont achetés à un prix plus bas sur un marché et vendu plus élevé sur un autre. Dans cette logique, le point de départ est qu’il existe des différences dans la productivité du capital dans les divers pays. Celle-ci se traduit  par des différences dans les taux de rendement du capital sur les marchés financiers. Celles-ci attirent les capitaux des pays à bas taux vers veux à taux réels élevés et enfin on a des transferts de ressources naturelles. Mais ces analyses basées sur les différences de taux de rendement ont des limites, car ne peuvent pas distinguer entre investissement de portefeuille et les IDE. D’où l’importance de la théorie de diversification des risques dont on peut distinguer chaque type d’investissement.

 

Selon Jacquemot(1990), une entreprise qui investi dans une seule filiale et sur un seul marché, elle cumule les deux risques, mais si elle investi dans un seul marché, mais dans plusieurs filiales, elle réduit d’autant le risque spécifique et ne peut supporter que le risque systématique du marché, commun à toutes les entreprises. Si la firme décide d’investir dans plusieurs filiales et sur plusieurs marchés, elle diminue simultanément les deux risques.

 

On peut dire que la littérature économique propose de nombreuses explications  sur les motifs de l’investissement direct, mais il n’a pas été possible jusqu’à ici  de développer une théorie générale. Ces explications reflètent la diversité et l’inconstance des paramètres auxquels obéissent les IDE dans la pratique. En raison de multitudes des motifs poussant une entreprise à investir (accès aux ressources, création de  nouveaux débouchés...) et la diversité des acteurs des  branches, des formes de marché , des situations de concurrence, des modèles d’entreprise  et de management , des formes d’organisation  et aussi de la diversité des réglementations commerciales et des politiques d’investissements  locales.

 

A la lumière de ce qui précède, les théories qui essayent d’expliquer ce phénomène d’IDE sont nombreuses, qui se caractérisent par des angles d’analyses différentes et des hypothèses contradictoires. L’essentiel des IDE est réalisé par les firmes multinationales qui s’implantent, soit pour profiter d’un marché protégé par les barrières douanières (la stratégie horizontale), soit pour bénéficier de coûts de production plus faibles (stratégie verticale).

 

3-   Fondements et mesures de l’économie institutionnelle.

 

          Les institutions constituent une préoccupation majeure pour les investisseurs internationaux, pour évaluer les perspectives des pays en matière de stabilité politique, du caractère attractif pour les investissements, de croissance économique, de la lutte contre la pauvreté et du respect des droits de l’homme et du développement à long terme. Cet intérêt croissant a entrainé le recours  aux indicateurs quantitatifs de la qualité institutionnelle. Ces indicateurs sont censés qualifier la qualité des institutions d’un pays en mesurant, par exemple, le degré de corruption qui règne dans l’économie, la qualité des régimes de réglementation publics et privés, la vigueur de l’état de droit, le degré de stabilité politique et l’efficacité de l’action publique. Qu’est ce que les institutions ? Les différents indicateurs qui les mesurent ? Et quel est leurs impact sur les investissements directs étrangers ?

 

            Depuis longtemps que les analystes essayent de décrire la relation entre l’activité économique et les institutions. Common et Veblen(1999)[6] souligne que l’économie insiste sur le fait d’analyse des relations de l’homme à la nature, ce qui a s’émanciper du droit et de l’éthique. Ce constat avait comme conséquence de confondre le transfert de richesse matérielle et le transfert des droits de propriété. Donc l’unité d’analyse ne doit pas être l’individu dans l’échange matériel, mais la transaction (actions des individus). Ce terme de transaction qui représente le lien social et décrit les relations entre individus à cause du conflit due à la rareté relative, la dépendance entre ces individus qui nécessite une coopération pour satisfaire les exigences d’efficience et l’ordre dans un fait ou dans un monde incertain, les individus recherchent la sécurité des anticipations futures.

 

Désormais, une institution se présente comme un ensemble de pratiques, de taches particulières, de rites et de règles de conduite des personnes, mais l’institution est aussi un ensemble des croyances ou des représentations qui concernent ces pratiques, qui définissent leur signification et  qui tendent à justifier leur existence. (Lagroge ; 2002).

 

Les fonctions des institutions sont entre autres, Premièrement, elles créent, sélectionnent et compactent l’information pertinente pour les acteurs, Deuxièmement, elles réduisent l’incertitude liée aux comportements stratégiques des acteurs, Troisièmement, elles aident à la coordination et la coopération entre acteurs individualistes, Quatrièmement, elles jouent un rôle dans la distribution du revenu et contribuent à l’allocation des ressources.

 

North (1990)[7]  est considéré comme le fondateur de la nouvelle économie institutionnelle. Les institutions selon lui, sont une tentative de l’homme d’échapper à l’incertitude, ce dernier est la condition sous-jacent qu’est responsable de la structure d’organisation humaine tout au long de l’histoire. Les règles économiques suppléant l’ordre politique dans les ajustements institutionnels nécessaires au fonctionnement efficace d’une société, c'est-à-dire, sa croissance économique. Cette relation est décrite à travers le lien entre l’ordre politique et l’ordre économique au moyen des coûts de transaction tout en affirmant que l’existence de différents niveaux de richesse et de croissance économique entre les pays, contrairement au raisonnement néoclassique qui estime que les sociétés connaitraient une croissance équivalente.

 

En général, les individus sont une création de leur environnement, ainsi, les normes courantes et le système de valeurs sociales influencent leur comportement et les décisions qu’ils prennent. Par conséquent, les individus essayent de maximiser leur utilité selon leur rationalité qui dépend des valeurs sociales répandues, et ainsi l’environnement institutionnel.

 

C’est la même affirmation de Hodgson, (2007)[8], «  les capacités de raisonnement humaines sont liées à leurs contextes sociaux et biologiques qui se manifestent par des indices spécifiques dont les déclencheurs et les contraintes et les circonstances font partie de notre biologie et du patrimoine social. Parmi eux, il y a des institutions qui encadrent nos connaissances, permettent à certaines options comportementales de se créer ».

 

Une définition normative de « bons » institutions n’est pas si difficile, ceci dépend de la définition de North qui souligne qu’elles sont » les contraintes conçues par l’homme, qui façonnent les interactions humaines », ce sont les règles formelles et les conventions informelles ou normes comportementales, ainsi que leurs caractéristiques d’application.

 

Dorénavant, la qualité institutionnelle est un élément essentiel qui a pris un intérêt croissant pour les pays, et parmi eux les pays africains depuis une dizaine d’années, ce qui a conduit à l’utilisation spectaculaire des indicateurs de la qualité institutionnelle. Fidèles au principe que l’on ne peut gérer que ce que l’on peut quantifier, de nombreux investisseurs internationaux et agences nationales et multilatérales d’aide publique au développement, ainsi que les médias et chercheurs qui cherchent à mesurer la qualité des institutions. Ceci à des fins analytiques, mais aussi pour guider les flux d’investissements et d’aide publique vers ces pays, avec des conséquences très importantes pour ceux-ci.

 

Pour mesurer cette qualité, les institutions formelles sont composées de trois niveaux. Premièrement les règles fondamentales, découlant des droits humains élémentaires, sont normalement énoncées dans la constitution d’un pays. Deuxièmement, le système juridique, basé sur ces règles fondamentales, contient les lois régissant la propriété et les contrats, ainsi que les règles relatives à la structure de l’Etat et au processus de décision politique qui porte la réponse à la question de l’Etat démocratique ou autocratique. Tandis que, les règles fondamentales et le système juridique forment l’environnement institutionnel.

 

Récemment, plusieurs études empiriques traitent cette question de la performance des institutions à travers plusieurs indicateurs que nous pouvons les synthétiser en trois catégories d’indicateurs (Daniel Kaufman, Art Kraay, et Pablo Zoido-Lobaton)[9].

 

Dans cet objectif, la première est la capacité du gouvernement à formuler et mettre en œuvre des politiques adéquates et saines à travers l’indicateur  d’efficacité du gouvernement et de qualité de la réglementation. La deuxième est le processus par lequel les gouvernements sont choisis, contrôlés et remplacés à travers  l’indicateur de transparence et responsabilité démocratique et l’indicateur de la stabilité politique et l’absence de violence. La troisième est le respect des citoyens et de l’Etat envers les institutions qui gouvernent les relations économiques et sociales, cette fois si avec l’indicateur de l’état de droit et de contrôle de la corruption. Toutefois, les résultats de ces indicateurs doivent être interprétés avec prudence, car l’identification de l’effet des institutions se heurte à deux problèmes.

Sur ce point, indépendamment de la forme de ces indicateurs, ils proposent de mesurer l’incertitude liée à l’environnement institutionnel. D’une part, ce calcul nécessite d’affecter des pondérations objectives aux différentes composantes de l’environnement institutionnel. Or la manière dont se combinent et interagissent les dotations institutionnelles n’est pas clairement établie et une pondération semble être difficile et forcément subjective.

 

D’une autre part, certaines caractéristiques des sociétés ayant un impact sur la qualité des institutions sont inobservables et susceptibles de varier d’un pays à un autre, ce qui crée nécessairement un biais dans les mesures de la qualité des institutions observables.

 

Deuxièmement, les indices de la qualité institutionnelle évaluent la perception des spécialistes et des investisseurs, et non les aspects formels de la situation institutionnelle. L’importance est le sentiment de sécurité des investisseurs, indépendamment de la façon dont cette sécurité est atteinte. Les régimes autoritaires et dictatoriaux, sont donc capables d’avoir un bon indice de la qualité institutionnelle, même s’ils sont capables d’avoir  un bon indice de qualité institutionnelle, même s’ils sont des Etats de non droit. Ainsi, on observe des Etats qui font un semblant d’exercice du droit de propriété, en l’absence de propriété privé (chine). Ces pratiques sont possibles parce que les indices se basent sur la perception et non sur la réalité de la situation institutionnelle.

 

Toutefois, les indicateurs de la qualité institutionnelle ont permis de décrire l’évolution des institutions à travers les bases institutionnelles internationales. Malgré, les critiques qu’on les a adressés, leur utilisation est d’une grande utilité. Pour cet objectif, nous allons prendre ces bases pour faire des comparaisons, en vu de savoir l’importance donnée aux institutions.

 

Dans une même tendance, Rosenberg et Birdzell (1986)[10] soulignent que l’augmentation de l’activité économique s’accompagne de meilleures institutions. La nouvelle théorie de la croissance endogène a été développée par plusieurs économistes tels que Lucas (1988), Romer (1986), McKinnon et Shaw (1973), Barro (1989), Roubini et Sala-I-Martin (1995)...etc. Ces travaux ont largement exploité les données issues de la sphère économique pour tenter de justifier les écarts de croissance entre pays. Cependant, les limites des estimations effectuées ont suggéré l'incomplétude des modèles se limitant aux indicateurs économiques pour expliquer les comportements de croissance. Cette réflexion a incité les économistes à se tourner vers les variables institutionnelles pour tenter de trouver une justification aux écarts de production entre pays inexpliqués par les seules données économiques. Plusieurs facteurs politiques et institutionnels ont alors été mis en avant : la démocratie chez Barro (1996), le respect des droits de propriété chez Clague, Keefer et Olson (1996), l’instabilité politique chez Alesina et Perotti (1994). Rodrik (1999) soutient l’idée selon laquelle une bonne gouvernance serait une condition nécessaire pour le succès des économies de marché.

 

Cependant, Hall et Jones (1999)[11] montrent que les différences observées dans l’intensité du capital physique ainsi que dans le niveau d’éducation réalisé, expliquent uniquement une petite fraction dans les différences constatées des niveaux d’output par travailleur à travers les pays. Ils montrent alors que ce sont les différences dans l’infrastructure sociale (institutions et politique gouvernementale) à travers les nations qui expliquent les différences constatées dans l’accumulation du capital, le niveau d’éducation réalisé et la productivité, lesquelles expliquent la disparité dans le niveau de revenu et de développement des pays.

 

Sur le plan empirique, on retrouve une large littérature empirique soulignant l’importance de la qualité des institutions comme facteur déterminant de la croissance et du développement. Cette littérature se manifeste sous forme d’études en coupe transversale de la croissance à travers les pays qui cherchent à établir une corrélation positive entre la qualité des institutions et la croissance.

 

De ce fait, le revenu par habitant, le PIB par habitant ou encore le taux de croissance est régressé sur plusieurs indicateurs institutionnels : des indicateurs étroits tels que les libertés civiles, les règles de lois, les droits de propriété, la stabilité politique, et des indicateurs globaux de la gouvernance. D’autres variables sont utilisées dans ces régressions mais qui ne sont pas liées à la qualité des institutions  comme des variables géographiques et historiques.

 

Dans cet objectif, Kormendi et Meguire (1985), Scully (1988), Grier et Tullock (1989), Barro (1996) et Helliwell (1994) et Isham, Kaufman et Pritchett (1997) montrent tous l’existence d’une corrélation positive entre l’indicateur des libertés civiles comme mesure du cadre institutionnel, et la croissance économique pour la majorité des pays pris dans leur échantillon.

 

En addition, Acemoglu, Johnson et Robinson (2004)[12] ont montré que l’écart de croissance entre les pays riches et les pays pauvres est dû en grande partie à la différence dans la garantie des droits de propriété dans ces pays. Rodrik, Subramanian et Trebbi (2002), dans leur étude, confirment l’idée selon laquelle la garantie des droits de propriété accélère la croissance.

 

Ainsi que, Barro (1991) et Londregan et Poole (1992) montrent que l’instabilité et les violences politiques engendrent une faible croissance. Alesina et Perotti (1996) et Svensson (1998) constatent un effet négatif de l’instabilité politique sur l’investissement. On retrouve aussi l’étude de Kaufmann, Kraay et Mastruzzi (2004) qui emploient un indicateur des règles et des lois pour montrer que la bonne gouvernance exerce un effet positif sur la croissance. Ils trouvent une forte corrélation positive entre cet indicateur et le niveau du revenu.

 

Dans un autre point de vue, Anderson et Marcouiller (2002), Dollar et Kraay (2002), se basant sur le fait que de mauvaises institutions accroissent le coût et les risques du commerce extérieur, observent une relation positive entre la qualité des institutions et le commerce international. Sekkat et Méon (2005)[13] montrent de façon similaire que la bonne qualité des institutions (principalement la lutte contre la corruption, l’efficacité du gouvernement et l’état de droit) favorise les exportations de produits manufacturés et les IDE.

 

A cette fin, Mauro (1995)[14] teste trois indices construits par le Business International (BI) : l’indice de la corruption, l’indice de la qualité bureaucratique et l’indice de la stabilité politique. Il trouve que ces trois indicateurs sont reliés positivement et significativement à la croissance et à l’investissement. Knack et Keefer (1995)[15]  utilisent deux indicateurs recueillis dans l’ICRG et le BERI. Ils construisent deux indices pour mesurer la sécurité des contrats et un des droits de propriété et trouvent un effet positif attendu de ces indicateurs sur la croissance. Easterly et Levine (2002) utilisent l’indice global de gouvernance de Kaufmann, Kray, Zoido-Lobation (2002)[16] pour montrer que la gouvernance affecte positivement et significativement la croissance.

 

       4-Lien entre IDE et Institutions : revue de littérature

Dans un survol de la littérature empirique, il s’avère que la mondialisation conduit à l’augmentation des flux d’IDE entre les pays grâce à la libéralisation de leurs régimes. Or, les avantages  d’IDE dégagés à travers les études empiriques concernant l’effet positif sur l’emploi, transfert de technologie et leurs conséquences sur le développement et la croissance des pays d’accueil.

 

Dans cet objectif, l’étude de Singh et Jun (1995)[17] qui ont essayé de tester l’impact du risque politique et d’autres variables macroéconomiques, comme déterminant d’IDE. Ils utilisent les flux en pourcentage du PIB comme variable à expliquer et le risque politique avec des variables macroéconomiques comme variables explicatives sur un échantillon de 31 pays durant la période 19970-1993, et ils confirment que ces variables sont significatives.

 

De plus, Wong et Swan (1997)[18] soulignent que l’instabilité politique affecte négativement les entrées d’IDE, car l’absence de transparence et la corruption menacent les travaux effectués par les firmes multinationales. Une autre étude de Morisset (2000)[19], dont il montre que la corruption et la mauvaise gouvernance accroissent  les coûts administratifs et réduisent les entrées d’IDE. Il souligne l’importance des facteurs politiques et institutionnels comme des variables importants dans le développement de chaque pays.

 

De même, Also, Glaberman et Shapiro (2002)[20], ont réalisé une étude pour savoir la relation entre la gouvernance et les IDE en Amérique. En général, la gouvernance et les infrastructures sont liées à la législation, car la régulation et le système légal affecte les droits de propriété, la transparence du gouvernement et le processus judicaire. Ces résultats montrent que la gouvernance qui se manifeste par la nature du système judicaire est un facteur important dans l’attractivité des IDE. Globerman et Shapiro (2003)[21] confirment que des bonnes institutions créent un climat favorable aux  firmes multinationales.

 

Concernant l’Afrique, dans une article en 2005[22], Asideu établit une enquête sur les restrictions d’investissement, dont  il conclut que l’instabilité macroéconomique, la corruption et l’instabilité politique ont un effet négatif sur les IDE en Afrique à travers un panel de 22 pays durant  la période 1984-2000, pour analyser l’influence du marché, les ressources naturelles, la politique gouvernementale dans les pays d’accueil, pour conclure que ces ressources naturelles, l’éducation, bonnes infrastructures, moins de corruption, la stabilité politique et l’efficacité du système judicaire ayant à positif impact sur les IDE.

 

Ensuite, une autre étude de Mishra et Daly (2007)[23] se focalise sur les effets de la qualité institutionnelle dans OCDE et les pays asiatiques durant la période de 1991-2001 en utilisant le guide international pour le risque-pays. Ils trouvent que les bonnes institutions dans les pays d’accueil ont un impact positif et significatif sur les entrées d’IDE. En addition, le respect des droits des personnes, et la justice du système judicaire, la stabilité du gouvernement dans ces pays ont un impact direct sur leur attractivité des investissements. Sanimi et Ariani (2010)[24] ont étudié l’impact de la bonne gouvernance sur l’attractivité d’IDE, concernant 16 pays de la région MENA durant la période 2002-2007. Ils ont utilisé les indicateurs de la gouvernance, comme la stabilité politique, contrôle de la corruption, rôle e la loi pour affirmer que la gouvernance a un effet positif sur les pays de MENA. Adhikary (2011)[25] a testé l’effet de la gouvernance en relation avec la croissance économique et les IDE dans 15 pays asiatiques durant la période 1996-2008. Il a trouvé une relation significative entre la gouvernance et les IDE d’une part, et d’une autre part avec la croissance économique.

 

5-   Analyse empirique de l’effet des institutions sur les entrées d’IDE en Afrique

A-    l’analyse en composante principale

Présentations des variables :

 

Sur la base des indicateurs qui sont choisies par le World Economic Forum pour classer les pays au niveau de leur compétitivité.

En outre, parmi les déterminants qui influencent l’efficacité productive, 12 piliers  sont identifiés et qui seront les variables d’analyse en composante principale choisies dans cette étude pour déterminer l’impact des institutions et des flux des IDE sur ces pays, et d’une autre manière, déterminer le type des relations entre les institutions et les flux des IDE au niveau du continent africain. Ces variables représentent la moyenne de la période 2006-2011 pour un échantillon de pays africains.

 

Variable des institutions reflètent l’environnement institutionnel qu’est le cadre juridique et administratif des relations entre les individus, les entreprises et les gouvernements. Variable des infrastructures est l’indice de la densité des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires renforce la compétitivité des nations, tout comme la qualité des industries de réseaux (télécommunications, électricité, etc.). Variable de la stabilité macroéconomique  est un des critères de compétitivité dans la mesure où elle rassure les propriétaires et les gestionnaires de capitaux. Le niveau de l'inflation ou des déficits publics sont aussi des variables importantes. Variable de la santé et l'éducation primaire c’estlorsque la population peut bénéficier d'un système de santé et éducatif de base, la population active est plus productive. Variable de l'enseignement supérieur c’est l'existence d'un système d’enseignement supérieur et de formation professionnelle favorise le capital humain et la montée en gamme des entreprises. Variable de l'efficience du marché des produits est lié à l'environnement concurrentiel est un des facteurs de la croissance. L'efficacité des marchés est liée à la nature du contrôle étatique mais aussi à l'importance de la demande. Variable de l'efficience du marché du travail reflète La flexibilité du marché du travail doit permettre une bonne allocation de la main-d’œuvre entre les secteurs d’activité et offrir une rémunération aux salariés liée à leur productivité. Variable de la sophistication des marchés financiers indiquent quela bonne allocation du capital est assurée par les marchés financiers. Celui-ci doit orienter l’épargne nationale et/ou étrangère vers les besoins de financement les plus rentables. Variable du développement technologique lorsquela compétitivité dépend aussi de la capacité du pays à adopter les innovations, notamment celles venues d'autres pays ou d'autres secteurs d'activité. Variable de la taille du marché indiquequela largeur d'un marché permet aux entreprises de produire en grande quantité en diminuant les coûts unitaires. Ces économies d'échelle favorisent l'expansion des firmes. Variable de la sophistication des affaires décriventles relations entre fournisseurs, sous-traitants, donneurs d'ordre sont au cœur de la compétitivité des secteurs d'activité. Variable de l'innovation  permet aux entreprises de renouveler la source de la création de richesse. En ajoutant à ces variables, les entrées nettes des investissements directs étrangers (% du PIB)  pour mesurer sa relation avec ceux déjà cités.

 

Résultats et interprétations :

 

 

Zone de Texte: Matrice des corrélations

 

 

On constate une très forte corrélation entre les variables généralement, en particulier une corrélation forte et positive entre le développement technologique et la taille de marché (0.949), une corrélation fortement positive entre la stabilité macroéconomique et la sophistication des affaires (0.932), une forte corrélation entre les institutions et la stabilité macroéconomique avec un coefficient de 0.863. Concernant les institutions, il s’avère que les pays ayant des bonnes institutions se caractérisent par une bonne stabilité de leur  système économique, par une meilleure éducation,  leur économies agrandissent fortement (la taille), et ces institutions influencent aussi le monde des affaires, autant que ces institutions sont transparentes, moins auront les investisseurs des problèmes et des sophistications dans leurs investissements. Un autre impact est celui des institutions sur le marché de travail qu’est fortement positive, en raison du rôle des instituions dans le contrôle des emplois et de protéger les différents intervenants de ce marché.

 

Par contre, les flux entrants d’IDE est faiblement corrélés avec ces variables, la plus part de ces corrélations sont de genre négatives. La variable des flux entrants d’IDE est corrélée négativement d’une manière faible avec la sophistication des affaires (-0.036), la taille de marché (-0.134),  positivement avec les infrastructures (0.097) et la sophistication du marché financier (0.146), il faut mentionner une corrélation moyenne et positive entre l’efficience du marché des biens et ces flux d’IDE.

 

 

 

A première vue, concernant la relation IDE-institutions, on peut constater que cette relation est négativement faible (-0.363), ce qui signifie qu’en Afrique, les IDE croit malgré la détérioration de la qualité des institutions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant pour bien présenter ces composantes, on va prendre les trois premières qui expliquent 91.7%. En général, ces trois composantes sont suffisantes pour synthétiser les variances des variables à expliquer (la variance des institutions, à 0.975). La seule variable qu’est faiblement présentée est les flux d’IDE (0.349), cela montre qu’il y a d’autres variables qui expliquent la volatilité des IDE entrants en Afrique hors les institutions et ces autres variables choisies.

 

Dans un premier temps, la matrice des composantes qui indiquent les corrélations entre les variables initiales avec la composante principale. On constate que la première composante est fortement corrélée positivement avec la stabilité macroéconomique (0.965), la sophistication des affaires (0.879), avec les institutions (0.849),  avec la taille du marché (0.838), infrastructure (0.834), et avec le développement technologique (0.822).  Cette première composante contribue à expliquer la majorité de la variance de toutes les variables, sauf  celui des IDE, et celles de l’éducation et la santé qui sont faiblement présentés par cette première composante.

 

D’après ce résultat, on constate que la relation entre les instituions et les IDE est négativement faible, pour cela on peut dire que les flux d’IDE en Afrique ne sont pas influencés par la qualité institutionnelle, ce qui explique pourquoi les IDE entrants augmentent malgré une mauvaise qualité des institutions dans la plus part des pays du continent. La seule variable déterminante des IDE est l’efficience du marché des biens. Cependant les institutions ont plus d’effet sur la taille du marché et les performances économiques de ces pays, mais au niveau intérieur sans avoir affecté leur positionnement extérieur, avec une absence d’un effet pour l’éducation e la santé, soit pour le marché intérieur ou pour les investisseurs étrangers. 

 

b- Modélisation économétrique

 

Spécifications du modèle

 

La théorie suggère des relations entre l’IDE et leurs déterminants, mais elle n’offre pas une liste spécifique de variables explicatives. Selon l’objectif visé, le modèle à estimer est donc composé de deux types de variables. D’un coté, des variables socioéconomiques et d’autres ayant pour objectif de mesurer la qualité institutionnelle.

 

     Equation du modèle à estimer :     Fide it  = α + β1Ait + βBit + εit

 

Avec Fide it : les flux d’entrées d’IDE (%PIB) dans le pays i et au temps t, il est en fonction du vecteur des indicateurs socioéconomiques (Ait), du vecteur des variables institutionnelles (Bit) dans le pays i au temps t, et d’un terme aléatoire (εit).

Choix des variables

 

Tableau : les variables du modèle économétrique

 

Variables retenues

Abréviation

sources

Signe attendu

Investissements directs étrangers

Les entrées nettes des investissements directs étrangers en % du PIB

FIDE

Banque mondiale

 

Degré d’ouverture

Ratio de la somme des exportations et les importations divisées sur deux

OUVERT

Banque mondiale

+

Compétitivité des prix

Taux de change de la monnaie locale en dollars américains.

TXCH

Banque mondiale

-

Capital humain

Taux de scolarisation dans l’école secondaire.

INSECO

Banque mondiale

+

PIB

Taux de croissance du PIB par habitant

TXPIB

Banque mondiale

+

Qualité des infrastructures

Abonnés à l’internet par 100 personnes

INT

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Voix et responsabilité citoyenne

VOIN

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Stabilité politique et absence de violence.

STAPOLI

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Efficacité du gouvernement.

EFFGOUV

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Qualité de la régulation.

QUALREG

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Etat de droit.

ETD

Banque mondiale

+

Qualité institutionnelle

Maitrise de la corruption

COORRUP

Banque mondiale

+

 

 

          Méthode de régression

  

   Dans ce travail l’analyse de l’impact de la qualité institutionnelle sur l’IDE a fait l’objet des tests économétriques, sous la forme de modèle en Panel représentant 30 pays africains, entre 1996 et 2013. . Ces données ont été compilées par Excel et estimées selon la méthode de moindre carrées ordinaire (MCO) en utilisant le logiciel statistique Eviews.

 

L’échantillon des pays africains choisies qui sont de nombre de 30 pays : Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, Maroc, Congo ZAR, Congo, Cote d'ivoire, Egypte, Ethiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Équatorial, Kenya, Libye, Mali, Namibie, Nigéria, république Centrafrique, Rwanda, Sénégal, Sud Afrique, Togo, Tunisie, Zambie, et Zimbabwe.

 

        En définitive, le modèle à estimer :

FIDE = C(1) + C(2)*CCORRUP + C(3)*EFFGOUV + C(4)*ETAD + C(5)*INSECO + C(6)*INT + C(7)*OUVERT + C(8)*QUALREG + C(9)*STAPOLI + C(10)*TXCH + C(11)*TXPIB + C(12)*VOIN + εit

Or, deux tests qui lui sont associés, le test de Hausmann permettant de choisir entre les effets spécifiques fixes et les effets spécifiques aléatoires et F le test qui rend compte de la significativité introduits.

 

          Résultats et interprétations

Tableau 16 : Les coefficients de corrélations

 

COORUP

EFFGOUV

ETAD

FIDE

INSECO

INT

OUVERT

QUALREG

STAPOLI

TXCH

TXPIB

VOIN

CORRUP

1

0.852

0.849

-0.17

0.416

0.136

-0.151

0.82

0.63

-0.27

-0.07

0.72

EFFGOUV

0.852

1

0.84

-0.18

0.555

0.26

-0.1

0.85

0.6

-0.33

-0.078

0.65

ETAD

0.849

0.842

1

-0.17

0.486

-0.05

-0.056

0.84

0.71

-0.34

-0.06

0.64

FIDE

-0.17

-0.17

-0.17

1

-0.005

-0.001

0.61

-0.288

-0.12

0.106

0.48

-0.18

INSECO

0.416

0.555

0.486

-0.005

1

0.44

0.093

0.41

0.24

-0.33

-0.05

0.11

INT

0.136

0.26

-0.05

-0.001

0.44

1

0.012

0.23

0.3

-0.2

-0.03

0.005

OUVERT

-0.151

-0.1

-0.059

0.61

0.093

0.012

1

-0.2

0.096

-0.001

0.43

-0.182

QUALREG

0.82

0.85

0.84

-0.288

0.41

0.23

-0.2

1

0.633

-0.235

-0.117

0.76

STAPOLI

0.63

0.6

0.71

-0.12

0.24

0.3

0.096

0.633

1

-0.19

0.02

0.56

TXCH

-0.27

-0.33

-0.34

0.106

-0.33

0.2

-0.001

-0.235

-0.19

1

-0.02

-0.16

TXPIB

-0.07

-0.078

-0.06

0.48

-0.05

-0.03

0.43

-0.182

0.56

-0.08

1

-0.08

VOIN

0.72

0.65

0.64

-0.18

0.11

0.005

-0.182

0.76

0.56

-0.16

-0.08

1

 

 

D’après le tableau des corrélations, il s’avère que la variable à expliquée (FIDE) est fortement corrélée positivement avec les variables macroéconomiques, comme l’ouverture commerciale (OUVERT) et le taux de croissance du PIB (TXPIB). En revanche, les variables de la qualité institutionnelles sont moins corrélées avec les IDE, avec un signe négatif pour ces variables ce qui constitue une contradiction avec le signe attendu. On constate une forte corrélation entre les six variables de la qualité institutionnelle, car dans la plupart des cas de ces variables sont en relation positive qui s’explique par l’effet de chacun sur l’autre en cas de perfectionnement de la qualité des institutions.

 

Dans ce modèle, le coefficient de détermination atteint les 50% (R² = 0.5), ce qui montre une bonne précision de l’approximation linéaire. Ceci montre que les flux d’IDE dans les pays africains retenus, sont à 50% expliqués par les variables retenues au départ. La statistique de Durbin Watson (DW = 1.6)  relève l’absence d’auto corrélation des erreurs. Six variables sont significatives à savoir, l’ouverture commerciale de 1%, le taux de croissance du PIB de 1%, la qualité de régulateur de 5%, voix et responsabilité de 5%, la stabilité politique de 5%, et le taux de change de 5%. Par contre, les autres variables semblent avoir un impact marginal sur les IDE dans tous les pays africains. C’est le cas de la corruption, l’efficacité du gouvernement, l’Etat de droit, l’inscription à l’école secondaire et les abonnés à l’internet.

 

Par ailleurs, concernant les indicateurs de la qualité institutionnelle : la qualité de régulateur avait un impact négatif sur les entrées d’IDE dans les pays africains. Ce résultat est contradictoire aux travaux susmentionnés. Le signe négatif des variables montre que plus le pays est caractérisé par une stabilité faible, plus il est attractif en matière d’IDE. En plus, l’absence de la stabilité politique et une mauvaise qualité du régulateur dans les pays africains pourraient faire accroitre les perspectives des flux d’entrées des IDE. De même, la variable voix et responsabilité représente une déterminante essentielle à l’amélioration d’attractivité des pays  vis-à-vis les IDE, puisque leur signe est positivement significatif. En effet, les autorités devraient être capables d’élaborer et à appliquer des politiques favorables au développement du secteur privé et de contrôler ainsi d’une manière efficace les ressources, ce qui rend le climat des affaires plus favorables à l’entrée des IDE.

 

D’une autre dimension, pour les déterminants  traditionnels : l’ouverture économique à un impact positif et hautement significative sur les entrées d’IDE. S’agissant de la croissance économique, la variable du taux de croissance du PIB est hautement significative avec un signe positif. Ceci s’explique par le fait, un pays ayant plus des perspectives de croissance est un choix efficace d’implantation pour les firmes multinationales en raison des nouveaux embouchés et du développement de la demande et de la pouvoir d’achat de ces habitants, ce qui augmente l’attractivité de ce pays.  Concernant la compétitivité-prix, la variable du taux de change est significative et le signe de son coefficient est négatif. Ce qui semble être expliqué par la stratégie des coûts qui découle de la relation de complémentarité entre IDE et commerce, une appréciation de la monnaie locale détériore la compétitivité, ce qui réduit les entrées des IDE.

 

La régression indique qu’un certain nombre de variables sont non significatives pour les entrées d’IDE (le capital humain). Ce résultat peut paraitre ambigu, car, la majorité des études avancent que la qualité de la main d’œuvre est l’un des déterminants d’attractivité. Ce constat peut s’expliquer par le fait que la variable utilisée pour exprimer la qualification de la main d’œuvre  n’est qu’une mesure approximative du niveau d’éducation. En plus, l’autre variable non significative, les abonnés à l’internet par 100 personnes.

 

6-    Conclusion et recommandations

Les pays africains présentent de façon systématique des insuffisances en matière de la qualité des institutions. Certains de ces pays sont des autocraties institutionnalisées, dans lesquelles les droits politiques sont précaires. La participation politique et les possibilités de contestation sont restreintes ou même rendues impossibles. D’autres pays sont des régimes à parti unique, sans force d’opposition et ou le droit de former des partis ou de s’organiser politiquement, d’une façon ou d’une autre, est sévèrement limité. D’autres encore, sont plus démocratique avec un gouvernement de coalition et un parlement régulièrement élu par le peuple. Une des caractéristiques les plus communes pour les pays de la région, est la restriction de la liberté de la presse, le développement de la corruption.

 

De ce fait, une mauvaise qualité des institutions décourage les entrées d’IDE, car elle contribue  en effet à réduire la confiance des investisseurs dans l’économie à cause des incertitudes qu’elle crée, à encourager la fuite des capitaux en augmentant les coûts des investissements, à élever le coût des frais généraux des affaires courantes et à faire disparaitre les perspectives d’investissements et de croissance de l’entreprise investie à cause des pratiques non transparentes.

 

 Par exemple, la corruption est un obstacle majeur au développement car elle nuit à l’efficacité des administrations et des politiques publiques. Elle est à l’origine des décisions irrationnelles ou non optimales pour les collectivités. La non maitrise de la lutte contre la corruption engendre une augmentation  des  coûts de transactions, ce qui bloque le système de marché libre et décourage les investissements potentiels. Selon l’analyse des déterminants des IDE en Afrique. C’est au niveau de la qualité institutionnelle (lutte contre la corruption, efficacité du gouvernement…), que le retard est plus accentué, ce qui débouche sur une faiblesse des entrées d’IDE et bien sur la baisse de l’attractivité de ces pays par rapport aux autres pays du monde.

 

Donc, il existe une corrélation négative entre la qualité institutionnelle et les flux d’investissements. C'est-à-dire plus un pays est moins performant en matière de la qualité institutionnelle, plus il est attractif en IDE. Ce résultat contredit le signe supposé positif dans les apports théoriques et les études empirique.

 

Cependant, l’influence de la qualité des institutions se situe au niveau de l’amélioration du contexte de l’activité économique, ce qui améliore la croissance et donc favoriser les entrées des investissements étrangers directs. L’impact de la qualité institutionnelle sur la croissance se fait principalement à travers son effet sur les entreprises du secteur privé, c’est le principal moteur de l’investissement dans le monde d’aujourd’hui. Les entreprises réagissent aux incitations, aux  coûts et aux contraintes, ce qui se résume souvent sous le non du climat d’investissement. Ces réactions sont elles-mêmes influencées par la manière dont le gouvernement défini et applique sa politique. Pour les investisseurs, le contexte de la politique économique est évidement déterminant.

 

Cependant, compte tenu de long terme sur lequel une entreprise prévoit de fonctionner, il faut que chacun puisse anticiper les conditions politiques aux cours des années à venir, ou de moins comprendre les règles du jeu qui s’appliquent et qui font évoluer ces conditions. En fin, ce qui n’est pas moins important, les entreprises doivent pouvoir comprendre dans quelle mesure elles pourront influer sur le cour des évènements, en faisant pression et en exerçant leur influence sur le processus d’évolution.

 

 En conclusion, les pays africains devraient s’affirmer  d’ici la fin de la décennie, comme un grand pole d’attraction des investissements internationaux et ce moyennant quelques réformes politiques nécessaires assurer la crédibilité de leur engagement. Ces réformes devront être rapides et centrées  autour des problèmes de la corruption, de la centralisation excessive, des conflits ethniques et de la séparation des pouvoirs. Ces problèmes qui frappent la plus part des pays de la zone, sont considérées comme les cas systémiques d’échecs institutionnels. La décentralisation peut-être considérée comme un instrument utile pour améliorer la gestion des affaires publiques, et ce, compte tenu de la centralisation excessive  des gouvernements de la plus part des pays de la région. Il convient de confier l’autorité à ceux qui disposent des informations et des incitations nécessaires et qui assumeront dans les mêmes temps la responsabilité des conséquences (politiques et économiques) de leurs décisions. On peut envisager la mise en place d’incitation à l’entité pour les fonctionnaires (des récompenses par exemple), de plans de carrière bien défini et de rotations périodiques de postes.

 

Toutefois, plusieurs déterminants sont jugés essentiels pour rendre les pays plus attractifs vis-à-vis les investissements internationaux, notamment le cadre macroéconomique, le climat des affaires, la disponibilité de la main d’œuvre et les ressources naturelles, le degré d’intégration à l’économie mondiale, l’efficacité du système financier et le niveau de développement des infrastructures et des télécommunications. Face à cette concurrence mondiale, les firmes multinationales aspirent beaucoup plus à un climat d’investissement plus propice à leurs affaires, d’où l’émergence de nouveaux déterminants à savoir la qualité institutionnelle.

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